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21 mars 2018

Hier encore j’avais vingt ans

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La trentaine. 


J’y suis presque. Le compte à rebours est activé. C’est drôle je me souviens de mes vingr ans comme si c’était hier alors que dix ans se sont écoulés. En effectuant une rapide rétrospection, je peux dire que je me suis beaucoup amusée ces dix dernières années, oui j’en ai fait des folies, je ne vais pas le cacher. Mais attention, amusée mais toujours dans la limite du raisonnable et de la légalité. J’ai voyagé, j’ai dansé, chanté, bougé, exploré, beaucoup mangé mais j’ai aussi vu, vécu, parcouru et j’ai aussi un peu bu. La rime est évidemment voulue. Bref, j’en ai suffisamment profité, maintenant place à la sagesse, à la maturité et à l’épanouissement personnel. C’est ce qu’on dit non ?  Qu’ils viennent, je les attends. Je suis prête. Bon, évidemment je redoute les rides et les cheveux blancs comme tout le monde. Je vais vieillir, ma peau va se friper, je vais rapetisser, ma vue va baisser et mes seins vont tomber mais c’est la fatalité. Personne n’y échappe. Et puis, pour être honnête, je me trouve beaucoup mieux maintenant qu’à l’âge de vingt ans, pas vous ? J’avais encore des boutons dans le dos, j’appliquais 36000 fois trop d’eyeliner, j’avais une vision assez conceptuelle de la mode de l’époque, j’avais encore des posters de Michael Scoffield accrochés aux murs de ma chambre, j’attendais encore désespérément que mes seins poussent miraculeusement pendant la nuit (comme vous le savez, ce n’est jamais arrivé) et je n’avais aucune fucking idea de ce que je voulais faire de ma vie, je ne le sais toujours pas me direz-vous. Quant à l’ennui, je ne le craints pas, au contraire, je l’accueille à bras ouverts. Terminées les nuits blanches, les réveils à 4 heures de l’après-midi et les gueules de bois douloureuses, j’ai passé l’âge. Bon d’accord, peut être encore mais occasionnellement, une fois par mois. Quoi de mieux qu’un vendredi soir sur son canapé en pyjama 100 % coton à regarder Netflix devant une pizza et une bouteille de vin ? Ne passons pas à côté des choses simples - Herta. Chaque âge a ses bons et ses mauvais côtés. A vingt ans on est jeunes, beaux et insouciants mais atrocement fauchés alors qu’à trente ans on est toujours jeunes, toujours beaux, on a de l’argent mais en contrepartie on a plus de responsabilités et une partie de notre budget passe en crème antirides et en antidépresseurs . Qu’est ce qui est le mieux finalement ? Je me le demande. Non, en fait, vous savez quoi ? Je suis terrifiée, qui ne le serait pas ? Bien sûr que non je n’ai pas envie de vieillir, d’avoir des rides sur le front, d’avoir mal au dos, des cheveux blancs, de devoir porter des lunettes, d’avoir les seins qui tombent ou voir ma peau se friper…  Je suis enfin bien dans ma peau et on me dit que bientôt mon corps va changer, se dégrader, s’autodétruire de manière graduelle jusqu’à ce que je meures. Je dis non, je ne suis pas d’accord ! J’ai parfaitement conscience que je suis à l’apogée de mon potentiel beauté, à partir de maintenant ça ne fera que régresser, je ne serai jamais aussi « belle » que je le suis aujourd’hui, il faut être réaliste. C’est éxactement comme une parabole qui grimpe de manière exponentielle pour chuter ensuite inexorablement et disparaître dans le néant. 
Mais bon, c’est la vie, c'est la vie, c’eat la vie qui décide, qui nous file des rides au coin des yeux et du coeur... La la la.

Quelle horreur.
 
Bien à vous, 
 

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02 mars 2018

Ce n'est pas parce qu'il ne veut pas de vos frites

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Oyé, Oyé, j'ai un message important à délivrer : Je ne suis plus célibataire ! Il était temps, on commençait à désespérer ! Dirait ma grand-mère si elle était encore de ce monde. Je pense à toi Mémé, je sais que tu m'entends et que tu me lis. J'espère qu'il y a des Pétunias là où tu es, tes fleurs préférées et des petits Lu au chocolat, je sais que tu adorais ça. Oui, j'ai pris mon temps, il est vrai. Mais tout vient à point à qui sait attendre, n'est-ce pas ce qu'on dit ? On dit aussi que c'est en ne cherchant pas qu'on trouve et bien cette fois ci la théorie s'est confirmée. Oui oui, je le certifie sur mon honneur, je ne cherchais absolument pas. Le célibat et moi avions une excellente relation, il me suffisait, je lui suffisais, nous nous suffisions et la prospérité definissait notre relation mais voilà que le 31 Aout 2017 tout bascula. Oui, tout bascula, la princesse rencontra le prince sur son beau cheval blanc. La princesse s'en souvient très bien, elle n'en était qu'à son deuxième verre, il était beau lui et sa veste aviateur Chevignon et sa barbe dite « de trois jours » même si elle en avait au moins six. Elle était assise à une table, lui à une autre, il discutait patiemment avec un autre individu non identifié, nous ne développerons pas son personnage, ceci n'étant pas pertinent pour le reste du récit. Plusieurs fois leurs regards se croisèrent, l'avait-il remarquée, elle avec ses cheveux ternes et plats, son pullover sans forme et son regard dénué de toute trace de mascara ? (quand je vous dis que je ne cherchais pas...) Elle espérait secrètement qu'il vienne la rejoindre. Quelqu'un là-haut entendit ses prières ce soir là puisque le prince se leva de sa chaise pour venir s'assoir à ses côtés. Elle lui proposa ses frites qu'il déclina poliment (Oui le prince était poli). La Princesse réalisa rapidement qu'en plus d'être atrocement beau il était également doté une grande intelligence. Et qu'elle ne fut pas sa surprise quand elle réalisa qu'ils avaient tous deux le même sens de l'humour un peu douteux. Il n'en fallut pas plus, la princesse se promit qu'avant la fin de la soirée elle l'aurait en ami sur Facebook. Ce fut fait, une heure plus tard le Prince avait la demande sur son IPhone 7 - Demande qu'il accepta dans la foulée. La Princesse avait une jolie photo de profil qu'il lika le soir même. Ne tarda pas à arriver le fameux, l'indispensable, le tant attendu Message. La Princesse ne put réprimer sa joie et son exaltation en voyant la petite notification apparaître sur son écran de téléphone. Elle accepta de le revoir et cinq mois plus tard ils actualisèrent leur statut Facebook à en couple. Voilà comment, moi, Gabrielle Notou, je ne suis plus célibataire au moment où je vous parle. Morale de l'histoire : Ce n'est pas parce qu'il ne veut pas de vos frites qu'il n'est pas intéressé. 

Bien à vous,

G

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15 juin 2017

On s'en fiche puisqu'il fait chaud

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L'été, 

Ca y est, on y est. Les trois lettres tant attendues sont enfin là. Ô que j'aime l'été, la chaleur, le soleil, la mer, le cri des mouettes, les glaces à l'italienne que l'on dévore sur la plage et qui fondent en quatre secondes et trente six centièmes, le sable brûlant qui vous caresse les orteils entre un ou deux mégots usagés, l'odeur de la crème solaire indice 50, le bruit des vagues qui viennent s'échouer sur le bord, les enfants qui rient, qui pleurent aussi mais on s'en fiche puisqu'il fait chaud, le sel dans les cheveux, la peau légèrement brûlée par le soleil, l'odeur de Biafine, les longues soirées autour d'un verre de sangria, l'odeur du barbecue et de saucisse grillée, le bruit des grillons, les longues après-midi passées au bord de la piscine, l'odeur de chlore et le son délicat de la tondeuse à gazon du voisin entre midi et deux, mais on s'en fiche puisqu'il fait chaud. Le ciel bleu sans trace d'un nuage pour vous faire de l'ombre, tongues aux pieds et le paréo autour de la taille, un chapeau de paille dans les cheveux, le cuir des sièges de la voiture qui vous brûle délicatement la peau des fesses mais on s'en fiche puisqu'il fait chaud. Passer des heures sur un transat, un livre intelligent dans les mains du genre Les Misérables de Victor Hugo ou encore les mots croisés du journal de Spirou de la veille. Avoir la marque de l'étiquette que vous avez oublié de couper sur le bas de votre maillot de bain, les coups de soleil derrière les genoux qui vous donnent la démarche d'un pingouin sur la banquise mais on s'en fiche puisqu'il fait chaud. Les pique niques improvisés, la salade de pâtes, la table en plastique qui pèse trois tonnes avec les sièges rétractables et un trou au milieu pour y placer le parasol, les sandwichs jambon beurre ou pâté cornichons... Voilà à quoi rime l'été pour moi et Septembre rime avec anti dépressifs. L'été, quel délice. On est heureux parce qu'on est beaux, on est beaux parce qu'on est bronzés, on est bronzés parce qu'il fait chaud et il fait chaud parce que c'est l'été. CQFD. Si on devait faire une analyse de texte de cet article il faudrait probablement surligner le fait que mot chaud est apparu six fois éxactement, sans compter les synonymes et autres termes appartenant au même vocabulaire tels que grillés, indice 50 ou encore Biafine. On note ici que l'auteur a voulu retranscrire son amour des "beaux jours" et très certainement du rosé pamplemousse au travers d'un monologue composé principalement de juxtapositions et de phrases sans fin. Cette exercice de style n'est certainement pas anodin et démontre une réelle envie de partager et de faire ressentir au lecteur le plaisir ultime procuré par la sensation de chaleur sur l'épiderme. Bref, tout ça pour conclure : Sortez couverts. 

Bien à vous, 

G

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28 mai 2017

Ridée, pas ridée

 

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Lettre à ouvrir le jour de tes cinquantes ans

Quand tu liras cette lettre j'espère très sincèrement que tu seras au bord d'une plage de sable blanc, allongée sur un transat, un Sex on the Beach à la main, Rollex au poignet, un lifting qui t'auras coûté un bras, voire deux,  des lunettes Chanel sur la tête et un mari blindé à tes côtés... Sinon ça voudra dire que tu as raté ta vie et je serai extrêmement déçue. HUMOUR! Comme dirait Franck Dubosc. Plus sérieusement, j'espère surtout que tu seras heureuse. Riche, pas riche, ridée, pas ridée, liftée, pas liftée, seule ou en couple, Rollex ou Casio, Sex on the beach ou Coca Light, transat ou à même le sable sur ta serviette Décathlon, plage de sable blanc ou simplement au bord de la piscine du camping Municipal... Peu importe, le plus important c'est la Vie. Oui, la Vie avec un grand V que je surligne et que je mets en gras, taille 42. Comme le disait si bien Grégory Lemarchal (déjà cité ici il est vrai), tu es envie (enfin j'espère, sinon ça voudra dire qu'il y aura eu un ralentissement sur l'autoroute / Hashtag bison futé), ça n'a pas de prix, ce n'est pas à vendre. Je crois qu'on ne peut dire plus juste. Je citerai également ici cet être merveilleux nommé Jean Ferrat qui chantait que c'est beau, c'est beau la vie. Mise à part ça, j'espère aussi sincèrement que tu seras aimée et que tu aimeras en retour parce que finalement la vie n'est rien si elle n'est pas partagée... A moins que ce soit le bonheur? Le bonheur n'est rien s'il n'est pas partagé? Bref! En parlant de bonheur, il est où le bonheur, il est où? Il est là, ouais. Vous allez vous dire, elle reprend des paroles de chansons, c'est un peu facile... Certes, mais ça m'inspire. J'espère que tu l'auras trouvé parce qu'il est là le bonheur, juste sous tes yeux. Il est là ouais. Tu auras parfois quelques passages à vide, c'est normal. La vie n'est pas un long fleuve tranquille mais le bonheur est au bout du chemin. Allez maintenant elle nous cite des titres de film! Pardon. Alors envie, heureuse... ça c'est fait, quoi d'autre ? Ha oui, j'espère aussi que tu n'auras pas de regrets. J'essaie toujours de me dire "pas de regret, que des remords"... Et le "allez on a qu'une vie" ressort assez souvent aussi. Ce pantalon est beaucoup trop cher Gabrielle! Oui mais on a qu'une vie ! Et puis, je ne veux pas avoir de regrets, que des remords, c'est ma philosophie ! BAM. Le compte est bon. La tribu vous a éliminé, prenez votre flambeau. Vous êtes le maillon faible, au revoir. Carte prison. Echec et mat! Bref je terminerai par cette réplique, certes un peu niaise mais tellement vraie : On a deux vies, la deuxième commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

Bien à vous,

G

 

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12 mai 2017

D'après une étude ifop

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Il paraît qu'aujourd'hui un couple sur trois s'est rencontré sur Internet, hashtag étude ifop de Mai 2017. Une partie de moi est fataliste et se dit que c'est l'époque qui veut ça et qu'il faut vivre avec son temps bla-bla-bla... Et puis l'autre se dit que c'est quand même dommage. Au vingt et unième siècle on a besoin d'une application ou d'un site Internet pour se rencontrer, se parler, intéragir... Où est passée la spontanéité ? Quand on demande à nos parents ou nos grands parents comment ils se sont rencontrés, ils vous répondent au bal du village, à la plage, en vacances à la campagne, dans le train... Ca c'est romantique. Nous quand nos petits enfants nous demanderont comment on s'est rencontrés on répondra : A l'époque on avait Tinder ma chérie, ça a disparu depuis longtemps mais à l'époque c'était "hyper tendance" (j'ose espérer qu'on n'utilisera plus cette expression depuis longtemps). Le concept ? Oh c'était très simple, tu "faisais glisser à droite" si le Monsieur te plaisait ou à gauche s'il ne te plaisait pas. Ensuite si les deux profils "s'appréciaent" il y avait match et les deux individus pouvaient communiquer, fixer un rendez-vous et apprendre à se connaître. Ingénieux, n'est ce pas ? Personnellement j'avais une préférence pour les grands, bruns, musclés aux yeux foncés et ton Papi était super canon sur sa photo de profil. Evidemment on a couché ensemble le premier soir mais Papi a ensuite décrété qu'il n'était pas prêt à s'engager dans une relation sérieuse, qu'il préférait prioriser sa carrière, on a donc décidé de se voir occasionellement, sans pression, rien d'exclusif, ça a duré quelques semaines puis Papi est tombé amoureux de moi et c'est à ce moment là qu'on a décidé d'officialiser notre relation en changeant notre statut Facebook à "en couple". Je m'en souviens comme si c'était hier. C'était le bon temps! 
Alors certes ça rend peut-être le contact un peu plus facile dans une société ou tout va vite, où personne n'a le temps mais les rencontres n'ont plus le même charme. L'Univers n'avait pas décidé de vous positionner sur le même chemin mais Tinder l'a fait pour lui, il a forcé le destin finalement. Destin : Nom masculin. Sort d'une personne ou d'une chose, en tant qu'il résulte de forces extérieures invincibles. Ce qui arrive aux hommes, de bien ou de mal, indépendamment de leur volonté.
 Il n'y a manifestement plus de hasard, tout est prémédité, contrôlé. Je suis peut-être un peu trop fleur bleue mais c'est la faute à toutes les comédies romantiques que j'ai avalé depuis vingt huit ans. Il est vrai que c'est plus romantique de se rencontrer sur un bateau qui coule au milieu de l'Atlantique qu'au Kébab du coin, vous en conviendrez. Moins engageant comme pitch de film. Rose : Si tu prends de la sauce blanche je prends de la sauce blanche! Jack : Tu es folle Rose, tu es folle ! Moins glamour aussi.

Je vous laisse méditer là dessus. 

 Bien à vous, 

G

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14 avril 2017

La Dame, c'était moi

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L'heure de pointe. Attention pas n'importe qu'elle heure de pointe, l'heure de pointe dans le métro. Vous avez besoin d'un peu de contact, d'un peu de chaleur humaine? Prenez le métro entre 7 et 9 heures du matin et je vous garantis que vous aurez la proximité que vous recherchez. Hashtag chantent les sardines, chantent les sardines.Tous les matins c'est la même routine, la même rengaine, j'attends sagement le train de 8h32 sur le quai, il sera plein comme d'habitude. Plein de gens, d'êtres humains, de Terriens à l'air endormi, les yeux à demi clos, des écouteurs enfoncés au plus profond de leurs conduits auditifs pour n'être en aucun cas en contact avec le monde qui les entoure, écoutant le dernier tube d'Ed Sheeran ou, comme moi, Francis Cabrel. La veille certains on fait la fête, certains ont préféré rester devant leur télévision, d'autres se sont couchés tôt, d'autres se sont couchés tard, certains ont fait la guerre, d'autres ont fait l'amour... Ce matin un père en vacances disait à ses filles, vous voyez les enfants on vit la vie des vrais Londoniens. Tous ces gens que vous voyez viennent de la banlieue pour aller travailler en ville tous les jours, voyez comme ils ne se regardent pas, ils ont tous des écouteurs dans les oreilles, lisent un livre ou jouent a candy crush sur leur téléphone portable, ils sont collés les uns aux autres mais ils s'ignorent, c'est fascinant. Il est vrai que les gens ne se regardent pas, les regards se croisent mais se fuient, je présume que c'est propre aux mégalopoles. On se croise tous les matins, certains visages sont familiers mais on ne se connaît pas. Qu’est ce qu’ils pensent ? D’où viennent-ils ? Où vont-ils ? Combien d’entre eux sont heureux ? Malheureux ? Parfois quand j’aperçois quelqu’un qui semble un peu mal dans sa peau, je ne peux pas m’empêcher de regarder s’il a une alliance. C’est complètement débile mais je me dis que s’il est marié alors ça veut dire que qu’au moins quelqu’un l’aime sur cette planète et ça me réconforte. N’en parlez à personne, d’accord ? Même mon psy ne le sait pas. L’homme en face de moi tripote frénétiquement la sangle de son sac à dos. Avec son costume-cravate, ses chaussures cirées et sa coupe de cheveux impeccable il ressemble à tous ces hommes que j’aperçois vers dix huit heures, à la sortie du travail, stressés et toujours pressés, typiques de la City. Je me demande à combien d’ulcères il en est ? Un ? Deux ? Si aucun, ça ne devrait tarder. Ses cheveux ont d’ailleurs déjà commencé à grisonner alors qu’il ne doit pas avoir beaucoup plus de trente ans. Il n’a pas d’alliance, lui. 8h55, les portes s'ouvrent, tout le monde sort. Rendez-vous demain, même endroit, même heure. 

Regardez la bas les enfants, il y a une dame qui dort debout. La dame c’était moi. 

Bien à vous, 

G

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13 mars 2017

Toujours plus loin, toujours plus vite



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J'ai passé un entretien d'embauche. Ces deux petits mots me donnent la chair de poule, j'en ai encore les mains moites. Un entretien d'embauche c'est comme un rancart: Il faut trouver LA tenue parfaite qui dit je suis canon, je suis sûre de moi, je suis indispensable et surtout vous ne devinerez jamais que j'ai mis 3 heures et demi a la choisir, on doit se vendre, essayer de paraître sous son meilleur jour, prouver qu'on en vaut la peine, essayer de ne pas parler trop vite, faire du charme, embellir un peu la vérité, ​accepter d’être jugée, évaluée, testée... Par tous les Saints ! Comme d'habitude, j'ai eu le droit à plusieurs questions du genre:

Citez moi un exemple d'une situation dans laquelle vous avez dû dépasser vos limites. 
Ce à quoi j'ai bien évidemment répondu: Gabrielle Notou n'a pas de limite!

​Pourquoi voulez vous travailler pour nous? 
Parce que ​c'est super bien payé, parce qu'il y a 35 jours de congé par an, parce que c'est à 15 minutes de mon lit deux places et parce que vous avez une super machine à café? 

Pourquoi vous? 
Soyons honnêtes, vous savez très bien que cette question ne débouche jamais par une réponse sincère. On va tous essayer de se vendre avec des arguments qu’on aura soigneusement préparés au préalable et seulement la moitié d’entre eux se révéleront vrais. Je pense que la meilleure réponse à cette question est : Pourquoi pas moi ? Donnez moi ma chance et je ne vous décevrai pas, je vous le promets. Et si par malheur je ne fais pas l’affaire, vous me virez sans préavis et on n’en parle plus. Je partirai sans crise de larmes, mes affaires sous le bras et ce sera la dernière fois que vous me verrez. En revanche, si je conviens au poste, c’est ma vie toute entière qui en sera bouleversée et dans cinquante ans je raconterai à mes petits enfants que si j’en suis là c’est parce qu’un grand homme a décidé de me donner ma chance​. Hashtag toujours plus loin, toujours plus vite. Jusqu'au bout de l'Extrême limite. 

Citez moi trois qualités et trois défauts. 
Défauts: Je procrastine beaucoup, j'ai développé un énorme complexe d'infériorité que même mon psy n'arrive pas à soigner et j'aime les comédies musicales. 
Qualités: Ma vie sentimentale étant égale au néant il n'y a aucun risque que je parte en congé maternité dans les 9 prochains mois. J'ai une grande résistance a la fatigue, je n'ai besoin que de sept heures de sommeil par nuit, quatre cafés Latte et deux shots d'espresso. Et sinon je suis flexible... Enfin par flexible j'entends que je m'adapte facilement pas que je sais faire le grand écart. 
Voilà, voilà. Merci de m'avoir reçue.
Bien à vous, 
G

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04 mars 2017

J'aimerais bien le savoir mon enfant

 

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Tu sais tu t'appelles Simone en hommage à deux grandes D​ames : Simone Veil et Simone D​e Beauvoir. Comment ça tu n'aimes​ pas ton prénom ? C'est très joli Simone Notou. Estime toi heureuse, ton père voulait t'appeler Benoite, en hommage à Benoite Groult. C’était une très grande Dame aussi mais il faut admettre qu'elle avait un prénom hideux. Quand tu seras majeure et en âge de comprendre tu liras les trois quarts du temps, tu n'as pas le droit de contester puisque je suis ta mère. D'ailleurs, étant ta mère, je veux que tu saches que je t'autorise à faire ce que tu veux de ton corps du moment que tu le respectes que tu te respectes. Tu ne saisis peut être pas encore la nuance mais ça viendra. C'est ton corps, il t'appartient. C'est Papa et moi qui te l'avons donnée alors prends en soin mais surtout aime le autant que tu pourras, ​tu noteras ici t'utilisation du temps de l’impératif​, tu l'as appris la semaine dernière, tu te souviens? L'impératif est un mode utilisé pour exprimer un ordre, un conseil, une prière, une recommandation à réaliser dans un futur proche ou lointain. C'est bien ma chérie. On perd trop de temps dans la vie à se dire qu'on aurait aimé avoir les yeux bleus, être plus grand, plus petit, plus intelligent, plus gros, plus mince, avoir les cheveux bouclés, avoir les cheveux lisses, les chevilles plus fines, les seins un peu plus gros... Avec le temps tu réaliseras que ça ne sert a rien, crois en mon expérience, et puis tu es parfaite telle que tu es, ne change rien. Sache que Papa et moi on a travaillé dur​, enfin surtout Papa, ​et on est très très​ fiers du résultat. N'en doute jamais. 
Je veux que tu saches aussi, c'est très important, qu'il y a encore plus de quatre vingt millions d'enfants qui ne sont pas scolarisés dans le Monde dont plus de cinquante millions sont des filles, c'est pour ça que tu iras à l'école et tu passeras ton bac ma petite fille, que tu le veuilles ou non!
​Comment ma chérie, tu dis? Pourquoi le fait de posséder un pénis confère aux hommes le droit d’être scolarisé, mieux rémunéré, un accès plus aisé aux postes à haute responsabilité, le droit de vote, de conduire, ou bien même le droit de vivre ? Dieu que tu es précoce! Tu ne devrais meme pas connaitre le mot pénis. Pour répondre à ta question, j'aimerais bien le savoir mon ange, j'aimerais bien le savoir. Il y a une chose que je sais néanmoins, c'est que l’égalité entre les hommes et les femmes n'est pas un droit mais une évidence qui ne devrait pas être contestée et ne laisse personne te dire le contraire, il n'y a pas de suprématie, de sexe fort ou de sexe faible. Barbie sirène est l'égale de Ken tout comme Maman est l'égale de Papa. 
Allez maintenant dodo. 
G. 

PS: Encore une fois, ceci est dans l'hypthèse que je perpétue la lignée.

 

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25 février 2017

Gabrielle, la plus belle.

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Gabrielle, 

Tel était ton nom, 

Nom que tu m'as légué, 

Nom que je suis fière de porter, 

Gabrielle, 

La plus belle, 

Tu m'avais pourtant dit que t'étais immortelle, 

Gabrielle, 

Qu'est ce qui s'est passé ? 

Neuf décennies, 

Presque 93 bougies, 

Puis t'es partie,

Gabrielle, 

Tel était ton nom, 

Ton absence est une aberration, 

Il va pourtant falloir que je me fasse une raison,

Prends soin de toi Gabrielle, 

La plus belle. 

 

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10 février 2017

La Sans Valentin

 

 

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La Saint Valentin approche et la couleur rose a envahi la planète Terre comme par magie. Le 14 Février, LE jour dans l’année ou on est censé célébrer l'amour. D'accord mais qu'est ce qu'on fait des 364 autres ? Je trouve ça un peu trop facile... Je dis ça, je dis rien. Moi aigrie ? Objection votre honneur, je suis réaliste, c'est tout. Allez à la ligne, fermez les guillemets. Si vous êtes célibataire et que vous le vivez mal, il n'y a rien de pire que la Saint Valentin... Voir tous ces couples qui s'aiment à la folie, passionnément (ou pas du tout mais font semblant pour certains, au final c'est la même chose), qui se bécotent goulûment au fond de la salle de cinéma, qui se promènent main dans la main... bref qui sont heureux, ça peut donner envie... De vomir. Sérieusement, il est vrai qu'il est dur de rivaliser, Ben et Jerry's, bien que très sympathiques, ne suffisent pas tout le temps à combler le vide laissé par l'absence de quelqu'un, d'un mâle viril, en chair, en os et en testostérone. Je peux comprendre le manque, c'est humain. Le contact physique, le besoin d’être deux, d'avoir une roue de secours, de construire quelque chose avec quelqu'un.  

Vous êtes célibataire et vous le vivez mal ? Voici une liste qui va vous redonner, je l'espère, un peu le moral :

  1. Célibataire rime avec grabataire, rudimentaire ou encore jambes en l'air. Ah non pardon, jambes en l'air pas trop du coup. Vous me direz, je vois pas trop le rapport non plus avec rudimentaire ou grabataire mais c'est tout ce que j'ai trouvé...

  2. Plus sérieusement être célibataire c'est être libre. Vous n'êtes enchaînée à rien ni personne et vous pouvez faire ce que bon vous semble sans avoir à vous justifier ou à en référer à qui que ce soit. Sortir entre copines, rentrer tard, vous lever tard, booker le prochain vol pour Cancun, déménager à l'autre bout de la planète... Profitez en! 

  3. Plus besoin de vous épiler les jambes même en hiver. C'est ridicule si on y pense, la nature nous a dotés de poils pour nous tenir chaud alors pourquoi les éradiquer alors qu'il fait moins quarante deux degrés Celsius dehors ? Si ça continue, les générations futures n'en auront plus du tout... Comme le petit doigt de pieds ou les dents de sagesse. La sélection naturelle! Je ne suis pas experte mais on peut presque parler d'un génocide non ? On se doit d'en parler, c'est toute une espèce qui est en voie de disparition... Comment ça, rien à voir ? 

  4. Pas de copain, pas de beaux parents, pas de beaux parents pas de belle mère, pas de belle mère... Pas de belle mère. J'en profite ici pour remercier Laurent Gerra et son génie qui m'inspirent chaque jour (cf Astérix mission Cleopatre). 

  5. Vous pouvez rester en pyjama toute la journée, avoir les cheveux gras, ne pas vous maquiller et manger les restes de la pizza trois fromages supplément anchois de l'avant veille au petit déjeuner... Tout le monde s'en fout! Bon, méfiez vous quand même de l'intoxication alimentaire du lendemain. 

  6. Le 14 Février est un jour comme les autres. Pas de cadeau à acheter, à la place vous pouvez vous offrir une journée au SPA bien méritée ou encore le petit dernier de Michael Korrs. Cuir de qualité, hauteur 30 cm, largeur 39 cm et profondeur 20 cm. Beau bébé! 

  7. Vous n'avez pas à subir les questions du genre : alors c'est pour quand le mariage ? Le bébé c'est bientôt ? J'aimerais tellement être grand mère... La trentaine approche, il serait tant d'y songer! Mais vous n'êtes toujours pas fiancés ? Qu'est ce que vous attendez? À votre âge j'avais déjà trois enfants, une maison à la campagne, une Opel Vectra et un emprunt sur 25 ans!

Répétez après moi : Mieux vaut être seule que mal accompagnée. Et puis patience, ça va venir. C'est quand on cherche pas qu'on trouve. Et qui plus est, ça arrive toujours au moment où on s'y attend le moins.
D'accord, vous pouvez me gifler si vous le souhaitez, allez y! Je vous l'autorise. 

Bien à vous,

G

Posté par Gabrielle Notou à 00:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]